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Ouvrages

Artisanat Technologies Innovation


Date : Décembre 1999 Auteur : ISM Collection : Cahiers de l'ISM
Nombre de pages : 63 Prix : Gratuit pour 1 exemplaire
 

La fin du XXème siècle aura vu l'irruption de la technologie dans tous les domaines d'activité. Les artisans sont concernés comme les autres acteurs économiques par l'évolution des matériaux, des machines, des modes de fabrication, des prestations de services. Chargé de seconder les initiatives des Chambres de Métiers et des Organisations professionnelles ainsi que de promouvoir l'innovation l'Institut Supérieur des Métiers conduit depuis dix ans une série d'actions dont le présent cahier retrace les orientations et les étapes.


Préface

Une entreprise, quelle que soit son activité, qui n'intègre pas l'évolution technologique, est condamnée à perdre son marché et tôt ou tard à disparaître. Les artisans en sont bien convaincus et cherchent à suivre les progrès des techniques, des matériaux et des matériels. Les organisations professionnelles, les Chambres de métiers, les Pouvoirs Publics multiplient les initiatives dans ce domaine : congrès professionnels, salons, stages de formation continue, mise à jour des programmes de formation initiale. Un obstacle important subsiste cependant, celui de la diffusion la plus large possible au niveau du grand nombre d'entreprises artisanales disséminées sur tout le territoire national et qu'il convient de faire bénéficier de l'innovation technologique sous la forme qui leur est le plus appropriée.

Ce problème qui n'est pas nouveau n'a été abordé réellement pour l'artisanat que dans les années 80. Jean PAQUET, ancien président de l'Assemblée Permanente des Chambres de métiers, écrivait alors : "Il faut que les artisans accèdent aux nouvelles technologies …. L'innovation est la clé du renouveau artisanal" . Prenant plusieurs exemples, il faisait référence pour les métiers de l'alimentation à "l'évolution des techniques de l'agrobiologie" et pour les métiers de la mécanique et de l'électricité à "l'apparition des micro-processeurs". Aussi bien le Conseil économique et social avait-il confié au Président PAQUET le soin d'élaborer un Rapport sur l'avenir de l'artisanat face aux enjeux technologiques. Remis le 27 avril 1982 ce rapport a fait l'objet d'un Avis adopté par le Conseil le 6 mai 1983. Ces deux documents ont défini les objectifs et les modalités principales d'une action concertée et vigoureuse en vue de faciliter l'accès des entreprises artisanales aux technologies nouvelles.

Il faudra attendre plus de cinq ans pour que ces propositions retiennent l'attention du Gouvernement. Le mérite en revient à François DOUBIN, ministre délégué au commerce et à l'artisanat. A l'occasion d'une communication sur l'artisanat, en Conseil des Ministres le 23 novembre 1988, il souligne la nécessité d'"assurer la modernisation technologique" de ce secteur économique. Pour y parvenir, il met à l'étude la création d'un "Institut Supérieur des Métiers ouvert sur l'Université, les organismes de recherche et les grandes entreprises". Sans le savoir, le ministre reprenait en fait un projet ancien, élaboré en 1931 par la Confédération Générale de l'Artisanat Français (C.G.A.F.) sous le nom d'Institut National des Métiers . L'idée avait donc, certes avec lenteur, fait son chemin dans les esprits et trouvait son aboutissement avec la création effective de l'Institut Supérieur des Métiers le 5 juillet 1990.

Dans le prolongement de cette initiative, le Conseil Economique et Social (C.E.S.), adoptait le 14 novembre 1990 un Avis sur les mutations technologiques et l'artisanat du bâtiment à partir du rapport présenté par M. Robert BUGUET, à l'époque vice-président de la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (C.A.P.E.B.).

Ainsi les idées convergeaient-elles vers un même objectif, faciliter l'appropriation des innovations technologiques par les entreprises artisanales. Il restait à mettre au point un dispositif adéquat et à lancer le mouvement au sein des milieux professionnels et des partenaires de l'artisanat.

Dès les premiers mois de son entrée en fonctionnement, l'I.S.M. posait les premiers jalons du dispositif, en liaison étroite avec les représentants élus des Chambres de métiers et des organisations professionnelles ainsi qu'avec les services du ministère de Tutelle.

De leur côté, les services du ministère chargé de la recherche et de la technologie engageaient une réflexion sur les moyens d'assurer à la fois la promotion de l'innovation et la diffusion des technologies nouvelles. L'I.S.M. se mettait en relation avec ses services. Il s'adjoignait au sein de son Conseil d'Administration un représentant de ce ministère ainsi que le président de l'A.N.V.A.R.

Le programme de développement technologique préparé par l'I.S.M. était approuvé lors du Conseil d'Administration du 22 mai 1991. Il reposait essentiellement sur la constitution de réseaux, de manière à établir des passerelles entre l'artisanat, l'Université, les Centres Techniques Industriels, les centres de formation.

Le 20 juin 1991, l'I.S.M. organisait à la Cité des Sciences et de l'Industrie à la Villette une manifestation destinée à susciter un mouvement d'intérêt sur ses projets, le 1er Forum Artisanat et Technologie. La présence de deux ministres, François DOUBIN, chargé de l'artisanat, et d'Hubert CURIEN, chargé de la recherche, donnait toute son importance à ce colloque qui a réuni plus de cinq cent personnes et connu ainsi un véritable succès. On peut dire que ce Forum a été le coup d'envoi de l'action de prise de conscience et de stimulation des professionnels de l'artisanat en ce qui concerne le développement technologique et l'innovation. Quelques mois plus tard étaient signées les premières conventions donnant le label de "pôle d'innovation" à des centres de formation et de recherches techniques.

Ainsi allaient se mettre en place progressivement et se développer un vaste réseau de compétences et d'initiatives dont le présent cahier se propose de retracer les idées directrices, les efforts et les résultats. Près de dix ans après que cette mission ait été impartie à l'I.S.M. par ses fondateurs, il apparaît utile de faire le point, de marquer une étape et de consolider des orientations dont la réalisation ne peut se concevoir que sur le long terme.


Michel DAVID
Président de l'Institut Supérieur des Métiers


Sommaire

  • Introduction


  • Un Réseau opérationnel pour l'artisanat


  • Un vaste champ d'initiatives


  • Conclusion