Le point de vue du banquier :
"Au plan macro économique, la Chine offre une assez bonne visibilité à court et moyen terme. Le pays est géré, il possède une bonne marge de manœuvre fiscale et des réserves de change considérables.
Les banques publiques quoique percluses de mauvaises dettes se réforment et bénéficient du soutien du gouvernement pour les plus grandes. Elles sont incontournables pour les encaissements et les financements en monnaie locale. (les banques étrangères installées en Chine apportent le complément indispensable par leur connaissance de la maison mère en France et proposent les garanties (aux banques chinoises) et services en devises et/ou en RMB)…
La croissance économique de la Chine, quoiqu'en forte baisse régulière, reste l'une des plus fortes du monde.
La Chine n'a pas vraiment connu de crise asiatique, immunisée par son contrôle des changes mais connaît des crises qui lui sont propres (à l'occasion de la réforme des banques, des entreprises d'Etat et gouvernement).
On peut travailler en Chine quelque soit la taille de son entreprise sans y être installé à conditions de bien verrouiller les conditions de paiement… il faut être hyper réactif, hyper compétitif et avoir un produit de qualité… tout en sachant que les chinois finissent toujours par revenir à un produit proche et chinois… mais un jour, il faut que l'entreprise s'installe en Chine si elle veut poursuivre ses ventes" (mais alors il ne faut pas sous estimer quelques données de base).
"La Chine est chère dans les grandes villes et les coûts salariaux s'élevent progressivement. Le marché est surestimé, la cible est au mieux quelques entreprises ou un noyau de consommateurs urbains "moyens/aisés" de quelques millions seulement.
- La concurrence est sous-estimée (peu de concurrents d'envergure nationale mais beaucoup de petits concurrents régionaux)
- La bureaucratie
- La contrefaçon
- L'interprétation localement divergente de réglementations nationales
- Les cadres juridiques sont fluctuants
- Le barrage de la langue
- Les différences culturelles"
Alors abandonner ? NON :
"La moins mauvaise formule consiste à être seul au capital … contrôler sa distribution, avoir une approche régionale ou par ville, embaucher essentiellement des chinois (avec un très petit nombre d'expatriés si possibles asiatiques Hong Kong; Taïwan, Singapour) et ne pas surcapitaliser l'entreprise."
Enfin, il faut avoir de bonnes bases en France et il sera plus que souhaitable de se rapprocher :
- "de PRAMEX pour les études de marché, le suivi, l'aiguillage vers les juristes…
- de la BANQUE POPULAIRE en France
- de NATEXIS
- et d'ERAI qui joue le rôle de pépinières d'entreprises à Shanghaï
Qui peut se permettre de ne pas tenter un jour la Chine avec une extrême prudence ?"
Enfin, l'aventure humaine y est passionnante !
Philippe ROBIN
NATEXIS
Banque Populaire de Shanghaï