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LETTRE N° 11 [Mars - 2014]

Éditorial

L’Institut Supérieur des Métiers publie ce mois-ci une étude sur les pratiques et les besoins en financement des entreprises artisanales, réalisée en partenariat avec la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services. En effet, l’accès au financement, inscrit comme un enjeu majeur du Pacte pour l’Artisanat de Mme Sylvia Pinel, Ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, est un thème important qui restait jusqu’à présent peu étudié en ce qui concerne les petites entreprises.

Le dossier de ce numéro d’Etape présente de façon synthétique les conclusions principales de cette étude, qui peut être consultée en intégralité sur commande auprès de l’ISM.

Aux 1 404 entreprises artisanales interrogées, trois questions principales ont été posées :
– après plusieurs années de crise économique, quelle est votre situation financière ?
– comment financez-vous votre développement ?
– rencontrez-vous des difficultés d’accès au financement bancaire ?

Les réponses déclaratives à ces questions ont pu être croisées avec des données financières pour la période 2005-2011. De cette étude, il ressort notamment une absence de connexion entre les besoins des entreprises et l’offre de financements…

Dans la même veine, et sur un sujet avoisinant, un article d’Etape est également consacré aux défaillances des TPE, en augmentation par rapport à 2013. Selon l’analyse du cabinet Altares, les TPE seraient aujourd’hui touchées de plein fouet par la crise économique, notamment celles ayant une clientèle de particuliers.

Pour une note plus optimiste, deux articles mettent en exergue la franchise comme modèle économique, et l’innovation comme défi majeur pour le dirigeant d’entreprise artisanale. Alors que les entreprises abordent leurs marchés souvent avec des difficultés liées aux charges et à l’érosion de leurs marges, ces différents articles et études peuvent constituer des éléments utiles d’aide à la décision.

Alexis Govciyan
Directeur de l’ISM
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Le financement des entreprises artisanales

L’accès au financement représente un enjeu phare pour la compétitivité et le développement des entreprises, inscrit par Mme Sylvia Pinel dans le Pacte pour l’Artisanat.

En l’absence de données d’ensemble sur ce thème pour les entreprises artisanales, l’Institut Supérieur des Métiers et la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) ont travaillé de concert, afin de produire une étude permettant de mieux décrypter les pratiques et besoins en financement des entreprises artisanales.

1 404 entreprises artisanales de plus de 3 ans (ayant donc dépassé la phase de primo-développement) ont été interrogées entre juin et septembre 2013. Cette étude a été complétée par un travail d’analyse des données financières des entreprises sur la période 2005-2011. Trois questions ont été particulièrement étudiées :
- après plusieurs années de crise économique, quelle est la situation financière des entreprises artisanales ?
- comment ces entreprises financent-elles leur développement ?
- y a-t-il des difficultés d’accès au financement bancaire ?

Concernant la situation financière des entreprises, l’étude montre qu’une majorité d’entreprises a préservé sa situation financière : 72 % des dirigeants la considèrent saine ou plutôt saine. Ce bon indicateur a toutefois un revers : priorité est donnée à la viabilité plutôt qu’au développement.

L’effet de la crise est pourtant perceptible auprès d’un tiers des entreprises, touchées par une baisse d’activité et/ou, plus inquiétant pour l’avenir, par une érosion de leurs marges.

Une tension sur les investissements est également bien visible dans l’étude : 30 % des entreprises déclarent avoir reporté des projets d’investissement.

Concernant les pratiques de financement des entreprises artisanales, le souci d’indépendance qui a souvent conduit ces dirigeants à créer leur entreprise marque également les choix de financement. En cas de besoin, les entreprises artisanales privilégient en effet majoritairement l’autofinancement.

Ce comportement a des conséquences importantes :
- le développement des entreprises est parfois autolimité par leurs strictes capacités d’autofinancement ; peut-être y-a-t-il là un frein à la croissance ?
- l’utilisation systématique de leurs ressources pour financer les investissements peut fragiliser la trésorerie et conduire à des situations difficiles, en cas d’incident.

Par ailleurs, quelles relations les entreprises entretiennent-elles avec les banques ? Celles-ci sont la principale source de financement externe des entreprises artisanales. Globalement, les relations avec les banques sont sans problème (dans 80 % des cas), mais peu qualitatives. Les banques sont peu considérées comme des partenaires (seules 28 % des entreprises sollicitent leur banque pour des conseils en matière de financement) et encore moins comme des fournisseurs. La banque, incontournable pour la vie de l’entreprise, est donc encore souvent perçue comme un « tribunal censeur » par les dirigeants artisans.

Enfin, en ce qui concerne leurs besoins de trésorerie, l’étude met en avant un large recours au découvert bancaire, plutôt qu’au prêt bancaire de court terme : ce choix, sans doute dicté par les banques elles-mêmes, induit toutefois des surcoûts importants pour les entreprises.

Lire le rapport d’étude : Pratiques et besoins de financement des entreprises artisanales, Etudes et Recherches de l’Institut Supérieur des Métiers, avec le soutien du Ministère de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, et de la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services, février 2014, 116 p., à commander en ligne sur le site de l’ISM
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Conjoncture

L'artisanat observé dans les territoires : zoom sur quelques régions

Quel a été le pouls de l’artisanat au cours des mois précédents ? Pour parler de la conjoncture des entreprises de proximité, l’Union Professionnelle Artisanale emploie le terme de « convalescence », les indicateurs se stabilisant au plan national. Les données économiques relevées par quatre observatoires régionaux du réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, en Limousin, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie, et Rhône-Alpes, au second semestre ou au troisième trimestre 2013, tendent à confirmer ce constat. Des différences notables apparaissent cependant, non pas tant selon les régions, mais selon les secteurs d’activité. De façon générale, le volume d’activité des entreprises artisanales amorce une timide sortie au second semestre 2013, après une récession au premier semestre 2013. Si les indicateurs de conjoncture du bâtiment semblent relativement stables ou peu marqués, il n’en est pas de même des autres secteurs, notamment des secteurs de la production et des services, qui pâtissent tous deux de la baisse des carnets de commande. On note également un moindre taux d’investissement dans le secteur de la production.

Ainsi, en région Pays-de-la-Loire, au second semestre 2013, l’activité économique s’améliore, mais les prévisions restent en berne : un chef d’entreprise sur quatre prévoit une baisse de son activité, notamment dans les services et la production. L’emploi est relativement stable, contrairement aux investissements. Seuls les artisans des métiers de bouche se détachent, renouvelant davantage que les artisans des autres secteurs, leur matériel ou leurs véhicules. En Basse-Normandie, toujours sur l’ensemble du second semestre 2013, les indicateurs sont au vert, bien que les améliorations soient légères et les problèmes de trésorerie encore très présents (42 % des artisans sont concernés). En région Rhône-Alpes également, le climat est plutôt stable. En Limousin en revanche, au 3e trimestre 2013, la situation est plus tendue : près de 40 % des entreprises interrogées ont enregistré une baisse des carnets de commande. Les prévisions sont généralement pessimistes, notamment parmi les entreprises nouvellement créées et les entreprises implantées en zone rurale. Les effectifs salariés sont plutôt stables, bien que 20 % des entreprises aient dû recourir au licenciement au cours de l’année 2013. La moitié des entreprises (60 % dans l’artisanat de production) ont dû réduire leurs investissements.

Télécharger la lettre de conjoncture : Quelques signaux positifs en attendant la sortie de crise, n° 27, 20 janvier 2014, en ligne sur le site de l’Union Professionnelle Artisanale
Télécharger la note de conjoncture de l’Artisanat des Pays de la Loire, 2nd semestre 2013, édition janvier 2014, 6 p., en ligne sur le site de la Chambre
Télécharger la note intitulée « Conjoncture dans l’artisanat limousin », 3e trimestre 2013, 4 p., édition décembre 2013, en ligne sur le site de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat du Limousin
Télécharger la note de conjoncture de l’Artisanat en Basse-Normandie – Résultats de l’enquête du second semestre 2013, n ° 51, novembre 2013, 6 p., en ligne sur le site de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Région Basse-Normandie
Consulter les résultats de l’enquête Artisanat Conjoncture du 3e trimestre 2013, novembre 2013, 4 p.,, en ligne sur le site de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Rhône-Alpes

Repli de l'activité dans l'artisanat du bâtiment

Les artisans du bâtiment, interrogés par l’Insee en janvier 2014, considèrent que l’activité de leur secteur se dégrade. En termes d’emploi et de recrutement, les tendances sont également plutôt défavorables. En revanche, la part des entreprises employeuses d’apprentis reste stable à 37 %.

De son côté, la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) relève que cette dégradation de l’activité, certes globalement plus prononcée qu’en 2012, avec un repli de 3 % en volume, fait cependant état d’un recul moindre sur le dernier trimestre 2013.

Les carnets de commande, garantissant 74 jours de travail en moyenne (contre 87 en avril 2013), tout comme les difficultés de trésorerie, inquiètent les artisans.

Les marchés du neuf et de la rénovation sont toujours en repli en fin d’année. La baisse du nombre de permis de construire et de mises en chantiers de nouveaux logements impacte le marché du neuf. Côté rénovation, la baisse des transactions immobilières et l’aménagement du taux de TVA réduite ont affecté le « rôle d’amortisseur de crise » de ce marché. En un an, 30 000 emplois ont été supprimés, mais les perspectives d’embauche pourraient s’améliorer en 2014.

Consulter la note de conjoncture de la Capeb – 4e trimestre 2013, in : Lettre d’information de la Capeb – supplément, janvier 2014, 8 p., en ligne sur le site de la Capeb
Télécharger les résultats de l’Enquête trimestrielle de conjoncture dans l’artisanat du bâtiment, Informations rapides, n° 23, janvier 2014, 1 p., en ligne sur le site de l’Insee
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Entreprendre

Coup de projecteur sur les créations d'entreprise et les entrepreneurs opportunistes

Qui sont les nouveaux créateurs d’entreprises ? D’après l’Insee, plus de la moitié (51 %) sont des auto-entrepreneurs. Les autres sont 30 % à avoir choisi de créer leur entreprise sous forme de société, 19 % sous forme d’entreprise individuelle (hors régime de l’auto-entrepreneur).

Concernant les auto-entrepreneurs, l'éventail de leurs profils est large : il y a d'une part ceux pour qui l'activité est complémentaire ou secondaire (un cas de création d'entreprise sur trois), et d'autre part, des entrepreneurs qui n'auraient pas créé sans ce régime.

On retrouve également un certain nombre d’auto-entrepreneurs parmi les bénéficiaires de l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE). D’après une enquête menée par l’Unedic auprès de 2 400 personnes ayant reçu l’ARCE au premier trimestre 2011, près de la moitié des allocataires sont des auto-entrepreneurs. Sur l’ensemble des allocataires, auto-entrepreneurs ou non, plus des trois quarts ne se seraient jamais lancés dans la création d’entreprise sans cette aide qui permet de couvrir les besoins financiers au démarrage d’une activité. Deux ans après la création de leur activité, plus de deux tiers des répondants sont toujours à la tête de leur entreprise.

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Management de l'entreprise

Crédits, défaillances, sauvegardes : où en sont les TPE?

Les TPE représentent 68 % des entreprises ayant défailli en 2013, un chiffre en augmentation par rapport à 2012, surtout pour les TPE employant 1 à 2 salariés (+ 6 %). Selon Thierry Million, responsable des Etudes du cabinet Altares, « si 2009 demeure le référentiel de crise pour beaucoup d’acteurs économiques B2B, 2013 pourrait bien devenir le marqueur pour nombre de décideurs B2C ». Surtout, les TPE, relativement épargnées jusqu’ici, sont comme l’ensemble des entreprises B2C, touchées par les tensions économiques actuelles.

Les micro-entreprises sans salarié sont en revanche moins nombreuses à déposer le bilan (- 0,6 %), n’ayant pas de contrainte de trésorerie relative au paiement de salaires. De même, les créations d’entreprises (hors régime de l’auto-entrepreneur) ralentissent, ce qui réduit de fait également le nombre des défaillances d’entreprises.

Parmi les secteurs orientés vers le B2C, soit ceux où les entreprises traitent directement avec des particuliers, le commerce de détail est sinistré et le nombre d’entreprises défaillantes dépasse les chiffres de 2009 : 8 523 commerçants ont déposé le bilan en 2013 (8 200 en 2009). Sur un an, les plus fortes hausses concernent les activités de bricolage et équipements du foyer (+ 10 %), et la coiffure et l’esthétique (+ 13,1 %).

Télécharger le Bilan 2013 des défaillances et sauvegardes d’entreprises en France, 16 janvier 2014, 34 p., en ligne sur le site d’Altares
Sur le même sujet :Des chercheurs ont analysé un très large échantillon d’entreprises créées entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2007. Cette analyse dans la durée leur a permis de mesurer l’impact qu’a pu avoir la crise de 2008 sur la défaillance des entreprises. Selon eux, la défaillance d’une proportion significative d’entreprises est effectivement imputable à la crise, et concrètement aux incidents de paiement. Les autres défaillances peuvent s’expliquer par la courbe démographique des créations d’entreprises, en hausse en 2003-2004. Or, les défaillances sont en effet naturellement plus fréquentes dans les premières années de vie des entreprises.

Lire l’article de Denis Fougère, Cécile Golfier, Guillaume Horny et Elisabeth Kremp : Quel a été l’impact de la crise de 2008 sur la défaillance des entreprises ?, Economie et statistique, n° 462, janvier 2014, 30 p., en ligne sur le site de l’Insee

La confirmation de la franchise comme modèle économique de premier plan

Chaque année, depuis 2004, la Banque Populaire et la Fédération française de la Franchise mènent une étude « sur l’évolution du paysage de la franchise », pour connaître le profil des franchisés et des franchiseurs, leurs attentes, leurs motivations et leurs préoccupations. 400 franchisés et 150 franchiseurs sont interrogés chaque année.

La comparaison des résultats de l’ensemble des enquêtes réalisées entre 2004 et 2013 permet de mieux apprécier l’étendue de ces évolutions et confirme le développement du modèle économique de la franchise. Ainsi, entre 2004 et 2012, le nombre de réseaux franchiseurs (1 658 en 2012) a été multiplié par 2 et le nombre de franchisés (45 000 en 2012) a augmenté de 90 %. Depuis 2008, il y a davantage de franchiseurs ayant moins de 10 salariés (40 % en 2013, contre 27 % en 2008), car certains externalisent des fonctions. La baisse du nombre de points de vente chez les franchisés depuis 2011 s’explique en partie par l’apparition de nouvelles enseignes de franchise, qui n’ont pas eu le temps de se développer pleinement.

Le chiffre d’affaires stagne globalement pendant la crise économique. Environ 80 % des franchisés interrogés estiment « qu’en tant que franchisés, ils résistent mieux à la crise qu’un commerçant isolé ou un entrepreneur isolé ». Si le nombre des réseaux franchiseurs et des franchisés progresse, la taille de ces réseaux diminue. En 2011, environ la moitié des franchisés déclarent avoir créé au moins un emploi au cours de l’année écoulée. Bien que le nombre moyen d’emploi créé par franchisé soit aujourd’hui de 1,2, 50 000 emplois ont été créés au total entre 2012 et 2013 (sans compter les postes des franchisés eux-mêmes et les créations d’emploi par les franchiseurs).

Le profil des franchisés est assez variable, mais en moyenne, homme ou femme, le franchisé est âgé de 45 ans et diplômé Bac + 2 (56 % des franchisés en 2013). Les femmes sont majoritaires dans l’habillement et la coiffure-esthétique, mais ne représentent que 25 % des franchisés dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, des services aux entreprises et des services d’entretien et de réparation automobile. Si, jusqu’en 2010, les franchisés choisissaient de s’installer principalement en centre-ville, la tendance inverse s’observe aujourd’hui, probablement sous l’effet de la rareté des emplacements et du prix de l’immobilier.

Le recrutement des franchisés se fait principalement par Internet ou par la fréquentation des salons dédiés. Parmi les motivations majeures des porteurs de projets à adhérer à un réseau de franchises, la recherche du « bénéfice de la notoriété de l’enseigne et du franchiseur » (27 % des franchisés en 2013) est suivie de « l’attente de disposer d’un encadrement, d’un suivi et d’une assistance » (26 % en 2013, contre 15 % en 2005). Les franchisés sont enfin 71 % et les franchiseurs 93 % à être optimistes face à l’avenir.

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Innovation et compétitivité

Les défis du dirigeant de petite entreprise face à l'innovation, notamment à l'innovation de rupture

Distinction entre innovation de rupture et innovation incrémentale

L'innovation de rupture "modifie l'avantage concurrentiel au sein d'un marché", par contraste avec l'innovation incrémentale, qui "améliore année après année un produit qui existe déjà".

Source : Guillaume de Benveniste, "Innovation de rupture : concept fondamental ou slogan creux?", in : Revue Entreprendre & Innover, 2013
Le slogan « Small is beautiful » proviendrait en partie de l’observation des liens entre la TPE et l’innovation, notamment l’innovation de rupture. Dès les années 1960 aux Etats-Unis, les très petites entreprises sont perçues comme des acteurs économiques capables d’enrayer le déclin de l’industrie, la montée du chômage, et « l’assèchement des innovations majeures dans les activités dites de deuxième génération industrielle ».

Comme le rappelle M. Marchesnay, professeur émérite à l’Université de Montpellier 1, les innovations de rupture sont ainsi largement considérées comme étant le fait de « petites entreprises innovantes » et « d’entrepreneurs à leur compte travaillant au sein de réseaux éminemment mobiles ».

« L’innovativité » de la TPE (à savoir ses qualités de conception, d’adaptation, de flexibilité), sa singularité, ses réseaux, sa petite taille, font que la TPE devient l’emblème d’un capitalisme entrepreneurial, par opposition au capitalisme managérial, propre aux grandes entreprises, mais en crise (« gouvernance financière, développement durable, réductions d’emplois, externalisation, crise du salariat, etc. »). Les TPE servent également de relais ou de tremplin aux grandes entreprises, qui souhaitent mettre en application ou diffuser leurs innovations.

Dans son article, M. Marchesnay décrit très largement les processus d’innovation par une sélection de critères : changement et indéterminisme (un projet d’innovation n’est jamais figé) ; pluralisme des facteurs influant sur le processus (vie personnelle, sociale, réseau du dirigeant) ; enfin diversité des perceptions et réactions de l’entourage, obligeant le dirigeant à un certain pragmatisme et à un certain recul.
Les artisans et l'innovation : quelques chiffres

3 % de champions
15 % innovent régulièrement
46 % innovent moyennement
36 % innovent peu ou pas

Source : Définition d'indicateurs de mesure et d'observation des activités des entreprises artisanales, 2008, 152 p. (étude ISM)

L’innovation de rupture, dans laquelle les TPE se distingueraient, est une innovation particulièrement risquée et méconnue. En effet, l’innovation de rupture peut se réaliser de deux façons : soit en proposant un produit bas de gamme, à un coût inférieur, soit en proposant un nouvel usage et en créant de ce fait un nouveau marché ». Les différents articles que lui consacre la revue Entreprendre & Innover retracent ces particularités, ainsi que les enjeux qu’elle soulève : « un enjeu de compétitivité pour l’entreprise, un enjeu sur l’évolution d’une industrie et un enjeu de compétitivité des économies nationales » (Guillaume de Benveniste). Pour une entreprise concurrencée par le biais d’une innovation de rupture bas de gamme, l’objectif sera, si elle le peut, de trouver un marché plus profitable, de s’adapter rapidement.

Lire l’article de Michel Marchesnay : Le système 1 « Parva sed apta » : l’innovativité de la TPE, in : L’innovation - Analyser, anticiper, agir, Réseau de Recherche sur l’Innovation, 2013, sous la direction de Sophie Boutillier, Faridah Djellal, Dimitri Uzunidis
Lire le dossier « Innovation : vraiment la rupture ? », in : Entreprendre & Innover, n° 18, juillet 2013, notamment l’article de Guillaume Villon de Benveniste : Innovation de rupture : concept fondamental ou slogan creux ? », 6 p.
Sur le même sujet :En s’appuyant sur l’exemple des maisons d’édition indépendantes, Elen Riot démontre que « la résistance à l’innovation peut venir d’innovations antérieures ou de traditions fondamentales liées au métier ». L’opposition au livre numérique marque une stratégie défensive, qui ressemble plutôt selon l’auteur à un frein temporaire que pérenne. Elle serait notamment due au fait que le livre numérique serait une innovation, qui mettrait à mal les autres innovations déjà introduites par les maisons d’édition pour s’adapter aux demandes des consommateurs qui souhaitent un accès aux données (baisse des coûts de production en amont, meilleur contrôle du secteur en aval, etc.). Cependant, si le secteur de l’édition indépendante est encore relativement protégé, il pourrait péricliter s’il ne répond pas à une autre attente de certains consommateurs, s’il se montre incapable d’être « au service de la création de qualité », qui est sa marque de différenciation par rapport au livre numérique. Lire l’article d’Elen Riot : L’édition française à l’heure de la rupture du livre numérique, in : Entreprendre & Innover, n° 18, septembre 2013, pp.31-40

Le commerçant de proximité doit-il devenir un e-commerçant ?

Une étude de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) menée auprès de 5 000 e-commerçants en décembre 2013 révèle une complémentarité croissante de l’ensemble des canaux de vente (Internet, mobile et magasins physiques). Ces résultats rejoignent ceux de son baromètre « consommateurs ». Le e-commerce a progressé fortement en 2013 (+ 13,5 %), alors que le commerce traditionnel a enregistré une augmentation de 1,8 %. Les TPE et PME sont très présentes sur le marché du e-commerce, notamment dans les métiers liés à l’art de vivre (beauté, bien-être, maison, jardin, etc.).

Côté consommateurs, de façon générale, quatre secteurs séduisent les internautes. 20 % des internautes ont le projet de réaliser un achat en 2014 dans le domaine des produits de beauté, 19 % dans le domaine de l’alimentaire, 18 % souhaitent acheter des bons d’achat à valoir en magasin ou en ligne. Enfin, 15 % prévoient un achat dans le secteur des accessoires automobiles.

Les TPE/PME et l'e-commerce

En 2013, 52 % des entreprises de moins de 50 salariés sont présentes sur Internet. Les produits les plus vendus sont les produits alimentaires (22 % du total des ventes de ces entreprises).

Source : Baromètre 2013 du e-commerce des petites entreprises, septembre 2013, PriceMinister-Rakuten/La Poste


75 % des e-commerçants ayant des boutiques physiques ont vu leurs ventes en magasin augmenter du fait de leur présence sur Internet. Cet impact du virtuel sur le magasin physique (« Web to Store ») est pour plus de la moitié de ces dirigeants une véritable opportunité. Les clients sont, chaque jour, plus fréquents, et le chiffre d’affaires croît. Le mobile devient également un canal de vente (m-commerce) : 75 % des e-commerçants l’ont adopté en 2013.

Pour autant, d’après une enquête téléphonique menée par TNS-Sofres en septembre 2013 auprès de 1 000 individus, les artisans restent la première source d’information pour 64 % des clients qui souhaitent s’équiper en portes et fenêtres (voire la source exclusive pour 24 % d’entre eux). Le profil moyen de ce type de clients est âgé de 50 ans et plus, et vit dans des petites villes. Par ailleurs, 38 % des clients, plutôt des jeunes hommes actifs dans les grandes agglomérations, s’informent également ou exclusivement sur Internet. D’après cette enquête, Internet sert néanmoins davantage à la comparaison des prix ou à la recherche d’informations générales qu’à l’achat de fenêtres. 68 % des personnes interrogées (75 % dans les zones rurales) affirment ainsi qu’ « Internet ne peut pas remplacer les conseils obtenus en magasin ou lors d’un rendez-vous avec un professionnel ».

Les très petites entreprises peinent à s'approprier les TIC

D’après l’enquête TIC-TPE 2012 de l’Insee, les très petites entreprises ont encore des efforts à fournir en termes de technologies de l’information et de la communication. Un quart d’entre elles n’utilisent pas d’ordinateur. Seules 5 % des TPE ayant un site Web y réalisent des ventes en ligne.

La Fédération des Centres de Gestion Agréés (FCGA) a également mené une enquête pour vérifier quels usages les TPE faisaient des TIC. Selon cette enquête, une TPE sur deux n’est pas présente sur Internet.

La très grande majorité des TPE n’ont jamais recours aux sites de leurs partenaires (banques, sites clients, experts comptables), donc aux outils proposés pour la dématérialisation des formalités administratives ou la gestion comptable. Enfin, concernant la messagerie électronique, une entreprise sur quatre n’en a toujours pas l’usage.

Lire la note : Fin 2012, une partie des micro-entreprises reste à l’écart des TIC, Insee Première, février 2014, n° 1491, 4 p., en ligne sur le site de l’Insee
Consulter les résultats de l’enquête : Quels usages des TIC dans les TPE ?, Observatoire de la Petite entreprise, janvier 2014, n° 51, 1 p., en ligne sur le site de la Fédération des Centres de gestion agréés
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Emploi et formation

Quelles sont les conditions de travail dans les TPE ? Comment les améliorer ?

Lors d’une journée d’étude consacrée au travail dans les très petites entreprises, plusieurs communications se sont penchées sur les conditions dans lesquelles ce travail s’exerçait.
Ainsi, à partir d’une recherche menée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration et de la réparation automobile, Eric Verdier, directeur de recherches au CNRS, sociologue et économiste, relève que les TPE ont des difficultés à envisager une logique de long terme en matière de qualification. La plupart des dirigeants ne voient que les coûts à court terme impliqués par la prévention des risques professionnels, et de fait, n’envisagent pas de politique dans la durée. E. Verdier distingue 6 facteurs qui rendent compte des différents modes de gestion de la main d’œuvre et de la formation dans les TPE : le secteur et les filières d’appartenance ; le statut et la place des TPE dans les chaînes de valeur ; les ancrages territoriaux des entreprises ; le degré de structuration des professions présentes ; la trajectoire et le profil socioprofessionnel du dirigeant ; enfin, le comportement stratégique du dirigeant. Des quatre modèles d’entreprises que l’auteur discerne alors – la TPE familiale, la TPE managériale, la TPE entrepreneuriale et la TPE opportuniste, celle qui semble le plus à même de planifier et de mettre en œuvre une politique de prévention est la TPE managériale, qui formalise davantage que les autres ses procédures.
De façon générale cependant, les TPE, quel que soit le modèle auquel on peut les rattacher, ne font pas de la prévention un véritable « investissement ». Pourtant l’amélioration des conditions de travail, dont relève la prévention des risques, est un moyen non négligeable de fidéliser les salariés et un facteur de qualité apprécié des clients.

Quels accompagnements proposer aux TPE pour les aider à améliorer ces conditions de travail ? D’après les constats de l’Aract Basse-Normandie, la proximité, qui caractérise le pilotage des TPE, est à double tranchant, reposant soit sur la confiance, soit sur l’affectivité qui induit une relation de dépendance. L’organisation des TPE quant à elle s’appuie sur « la polyvalence et la poly-compétence des salariés » et la communication informelle entre les salariés, capables de mettre en œuvre des tâches de façon collective. Enfin, connues pour leur fort ancrage local, les salariés des TPE ne font qu’une séparation faible entre vie privée et vie professionnelle. Les relations de proximité avec le dirigeant entraînent également une plus grande souplesse de l’adaptation des salariés par exemple, à des horaires atypiques.

Lire les communications suivantes, in : Le travail dans les très petites entreprises (TPE/TPI) – Journée d’étude, 17 décembre 2013, 54 p., en ligne sur le site de la Chambre d’agriculture de Bretagne :
- Eric Verdier : Conditions de travail et d’emploi dans les TPE : une approche en termes de modèles d’entreprise – à partir des cas de la réparation automobile et de l’hôtellerie-restauration, pp.4-7
- Joël Maline : Accompagner…, entre faire et faire faire, pp. 16-19Lire les communications suivantes, in : Le travail dans les très petites entreprises (TPE/TPI) – Journée d’étude, 17 décembre 2013, 54 p.
Sur le même sujet :Dans un chapitre de son ouvrage, consacré aux perceptions du travail et des TPE par les jeunes, Gérard Regnault relève de nombreuses similitudes entre les aspirations et difficultés des jeunes de moins de 30 ans et les seniors de 50 ans et plus. Ces deux populations ont notamment en partage la valeur du travail, jugée centrale, mais sont également soucieuses des conditions dans lesquelles peut s’exercer ce travail. Outre cette valeur du travail, les jeunes et les seniors connaissent des difficultés d’emploi, une crainte face à l’insécurité sociale et le désir de concilier vie professionnelle et vie privée. En revanche, jeunes et seniors se distinguent sur deux points : le rapport à l’autorité, les jeunes se montrant particulièrement exigeants à l’égard de leurs managers, et l’attachement à l’entreprise : en moyenne, en 2003, les moins de 30 ans avaient déjà connu au début de leur carrière trois entreprises, tandis que les seniors, en fin de carrière, restaient fidèles à la même structure.

Au-delà de ces conceptions sur le travail et ses conditions, 79 % des jeunes pensent que leurs aspirations seront satisfaites dans une TPE, notamment pour l’ambiance, la liberté d’initiative, les valeurs humaines, et la proximité hiérarchique. Mais, les plus grandes entreprises restent de meilleurs garants à leurs yeux de l’évolution professionnelle et de la sécurité de l’emploi.

Lire l’ouvrage de Gérard Regnault : Les TPE ou micro-firmes françaises, septembre 2013, 211 p., aux éditions L’Harmattan Logiques Sociales

L'emploi artisanal en région Centre : évolutions et perspectives

L’évolution de l’emploi artisanal en région Centre reflète les constats relevés au niveau national : le régime de l’auto-entrepreneur attire de nouvelles entreprises, mais, de fait, ces entreprises ne créent pas d’emploi salarié.
Ainsi, au premier semestre 2013, le stock d’entreprises augmente de 603 structures (pour un total de plus de 40 000 entreprises au 30 juin 2013), notamment dans les secteurs du bâtiment (+ 278) et des services (+ 245). Les auto-entrepreneurs représentent 13,4 % des chefs d’entreprise répertoriés dans les fichiers des Chambres de métiers et de l’Artisanat de la région.
Mais, dans le même temps, l’artisanat perd 780 salariés, pour un total de 80 000 salariés au 30 juin 2013, soit 13 % de l’emploi régional.
Les secteurs les plus touchés par ces pertes sont aussi ceux qui ont les effets salariés les plus importants en région Centre : le bâtiment (- 510 salariés sur six mois) et les services (- 180 salariés). D’après l’enquête de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Région Centre, un artisan sur deux emploie du personnel, soit environ 19 000 artisans. Par rapport aux autres employeurs privés, les employeurs artisans ont davantage recours aux contrats de travail longs, soit des CDI (27 %) ou des CDD longs (28 %).

La Direction régionale de l’Insee prévoit quant à elle le départ en retraite d’un tiers des actifs de l’artisanat du Centre d’ici 2023, principalement dans le secteur de l’artisanat de production, et notamment dans le secteur de « la fabrication de produits métalliques, de meubles, le travail du bois et la construction et réparation de machines et équipements ». Les apprentis, dont le nombre reste stable en région Centre, pourraient être un vivier important de repreneurs potentiels. Cependant, de façon générale, l’artisanat est « moins confronté aux départs en retraite que l’ensemble de l’économie régionale ».

Télécharger le rapport d’étude : Les chiffres clés de l’emploi dans l’Artisanat en Région Centre, 1er semestre 2013, 20 p., et la synthèse du rapport, 2 p., en ligne sur le site de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Région Centre Télécharger la lettre de l’Insee Centre Info : Le défi des départs en retraite dans l’artisanat en région Centre, février 2014, n° 195, 4 p., en ligne sur le site de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Région Centre
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Développement territorial

Quelle répartition des métiers sur les territoires ?

Pour des raisons liées à « l’histoire économique des territoires, à leur spécialisation sectorielle et aux stratégiques d’implantation des entreprises », les métiers ne sont pas répartis de façon uniforme sur le territoire. Ainsi les cadres sont davantage présents dans les grandes agglomérations. Les professions intermédiaires comme les techniciens du BTP ou de l’électricité et de l’électronique sont plus fréquentes dans les aires urbaines de plus de 100 000 habitants, en province. Les métiers de l’économie résidentielle, par exemple les commerçants indépendants, les patrons d’hôtels, cafés et restaurants, se trouvent davantage dans les régions du Sud. Enfin, certains métiers de l’agro-alimentaire, comme les bouchers-charcutiers et les boulangers, sont plus présents dans le Limousin, l’Auvergne, la Basse-Normandie et la Bretagne.
Vincent Hecquet, économiste à l’Insee, retrace l’évolution des métiers et leur rapport aux territoires sur une période de plus de trente ans. Entre 1975 et 2009, il note que la sphère des activités productives a cessé d’être majoritaire dans les territoires et a perdu plus de 940 000 emplois, tandis que la part de la sphère publique est devenue au contraire plus importante. La création d’emplois dans le tertiaire a progressé dans la quasi-totalité des activités. Le tertiaire dit résidentiel, c’est-à-dire lié à la présence de population, progresse peu en trente-quatre ans (de 25 % à 27 % des emplois), sauf certains secteurs comme le commerce de détail (+ 26 %) et le tourisme et les loisirs (+ 88 %). La sphère résidentielle (tertiaire résidentiel et construction) a gagné 21 % d’emplois, malgré les lourdes pertes enregistrées par le secteur de la construction de 1975 à 1999, vite compensées par le dynamisme des décennies suivantes.
Selon V. Hecquet, la sphère productive (agriculture, industrie et tertiaire productif) est aujourd’hui le « premier facteur de différenciation des territoires », car se concentre sur quelques zones (Pays-de-la-Loire, nord du pays), tandis que les autres sphères se retrouvent de façon homogène dans les territoires.

Télécharger l’article de Jean-Michel Floch et Frédéric Laine : Les métiers et leurs territoires, Insee Première, n° 1478, décembre 2013, 4 p., en ligne sur le site de l’Insee
Télécharger l’article de Vincent Hecquet : Emploi et territoires de 1975 à 2009 : tertiarisation et rétrécissement de la sphère productive, Economie statistique, n° 462, janvier 2014, 44 p., en ligne sur le site de l’Insee
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Secteurs d'activité

Le marketing et les nouveaux profils de consommateurs dans le secteur agroalimentaire

Le dossier de l’un des derniers numéros de la revue Management & Avenir (septembre 2013) est consacré au marketing dans le secteur de l’agro-alimentaire. Il a l’avantage d’essayer de décrypter le comportement des consommateurs du secteur de l’alimentaire, artisanal et/ou industriel.

Jean-Marc Ferrandi, professeur à l’Université Nantes Angers Le Mans, s’intéresse ainsi au comportement du consommateur dans sa recherche de l’authenticité et de la nostalgie. 74 % des 724 consommateurs interrogés par téléphone affirment l’importance, pour eux, du caractère authentique du produit et de son origine. Cependant, différents types de consommateurs apparaissent selon les réponses. Les « origine-identitaires » apprécient les produits faits maison et les packagings réalisés à partir de matériaux naturels. Les « non-authentiques » et les « naturels » sont « nostalgiques d’un produit industriel, voire artisanal ». Tout dépend, comme l’évoquent Olivier Brunel, Céline Gallen et Dominique Roux, de la façon dont les consommateurs s’approprient les produits alimentaires. L’article de Catherine Hérault-Fournier propose une autre distinction des consommateurs, en fonction de la proximité qu’ils entretiennent avec leur lieu d’achat : les intimes, les affiliés et les distants. Cette distinction résulte d’une observation des consommateurs achetant en vente directe, sur les marchés, dans les Amap ou dans les points de vente collectifs. Pour rappel, même parmi ces consommateurs, pour les deux tiers des personnes fréquentant les circuits courts, les réseaux de grande distribution restent le deuxième circuit d’achat.

Lire l’article de Jean-Marc Ferrandi : De la tarte aux pommes de Mamie aux carambars : quand nostalgique ne rime pas nécessairement avec authentique, pp. 143-166, in : Revue Management & Avenir, n° 64, septembre 2013
Lire l’article d’Olivier Brunel, Céline Gallen et Dominique Roux : Identification des mécanismes d’appropriation d’un produit alimentaire en fonction de son degré d’élaboration, pp. 121-142, in : Revue Management & Avenir, n° 64, septembre 2013
Lire l’article de Catherine Hérault-Fournier : Est-on vraiment proche en vente directe ? Typologie des consommateurs en fonction de la proximité perçue dans trois formes de vente : AMAP, Points de vente collectifs et Marchés, pp. 167-184, in : Revue Management & Avenir, n° 64, septembre 2013

L'emploi dans les métiers du bâtiment

Sur plus d’1 million de salariés que comporte le secteur du bâtiment, l’artisanat du bâtiment en emploie plus de 700 000, soit 60 % des effectifs.
En dix ans (2000-2010), les entreprises de moins de 20 salariés ont créé plus de 80 000 emplois. Le métier le plus représenté dans l’artisanat du bâtiment est celui de la maçonnerie-carrelage (29 %), suivi de la couverture, plomberie, chauffage (19 % des salariés) et de la peinture vitrerie revêtement (16 %).
L’embauche d’apprentis est forte dans l’artisanat du bâtiment. Plus de 78 % des apprentis sont formés dans des entreprises de moins de 20 salariés. Contrairement aux métiers d’études et d’encadrement, qui forment très majoritairement par voie scolaire (88 %), les métiers de la couverture, de la plâtrerie, des travaux publics et du carrelage attirent principalement des apprentis. Cette répartition des effectifs en formation par groupe de métiers reflète assez bien, ce sans surprise, la répartition des salariés par métier.
Au 1er semestre 2013, comme au second semestre 2012, les entreprises sont plus nombreuses à prévoir des licenciements ou le non-renouvellement des contrats, que la création d’emplois.

Télécharger l’étude : L’emploi dans l’artisanat du bâtiment, décembre 2013, 4 p., en ligne sur le site de la Capeb

Les chiffres clés de la coiffure

Chaque année, la Fédération Nationale de la Coiffure actualise ses chiffres clés sur le secteur de la coiffure. Le nombre d’établissements continue de progresser (+ 20 % en 4 ans), avec près de 15 % des activités de la coiffure qui semblent être exercées sous le régime de l’auto-entrepreneur. Les créations d’entreprises sont moins dynamiques en 2012 que les années précédentes, mais restent à un niveau record depuis 2009, sous l’effet du régime de l’auto-entrepreneur. Les reprises en revanche sont à leur niveau le plus bas depuis 15 ans.
La coiffure continue de former un grand nombre de jeunes, plus de 32 000 en 2011-2012, dont 22 250 apprentis. Cependant, le nombre d’établissements employeurs, et surtout le nombre de salariés (- 2,75 % entre 2011 et 2012) baissent de façon continue depuis quelques années.

Télécharger les chiffres clés de la coiffure 2014, octobre 2013, 13 p., en ligne sur le site de la Fédération Nationale de la Coiffure (FNC)

Quelles évolutions dans le secteur de l'automobile ?

La conjoncture du secteur de l’automobile semble s’améliorer au 4e trimestre 2013. Les ménages ont également anticipé leurs dépenses, en raison des évolutions environnementales, par exemple la hausse de la TVA fixée au 1er janvier 2014. Il faut également noter la hausse du chiffre d’affaires, première hausse enregistrée depuis 3 ans.

Les exigences croissantes en termes de délais de paiement et de rapidité de réalisation dans le secteur de la réparation automobile durcissent les relations de concurrence entre les entreprises. La redirection des clients par les compagnies d’assurance vers les garages agréés créent une première distorsion de concurrence. Face aux réseaux d’entreprises très spécialisés et aux garages labellisés, les garages traditionnels des artisans vont devoir, pour rester concurrentiels, « jouer de leur disponibilité en termes d’horaires d’ouverture et se montrer prêts à faire des prix ». La contraction du marché (fiabilité croissante des véhicules, efficacité des campagnes de sécurité routière) renforce la tension sur les prix.

Concernant la formation, le rapport de branche des services de l’automobile souligne le recul du nombre d’apprentis dans le secteur, en dix ans, entre 2003 et 2013. La formation initiale, apprentie et scolaire, a perdu 24 % de ses effectifs. Cependant, l’insertion des apprentis est plutôt positive. L’Observatoire de l’ANFA, qui s’appuie sur les enquêtes du Ministère de l’Education Nationale, relève qu’en février 2012, soit sept mois après leur sortie d’apprentissage, 60 % des apprentis ont un emploi.

Télécharger le rapport : Données sociales de la Branche des Services de l’automobile. Bilan 2012, paru en décembre 2013, 75 p., en ligne sur le site de l’Association Nationale pour la Formation Automobile (ANFA)
Télécharger la lettre de l’Observatoire de l’ANFA : L’insertion professionnelle des jeunes formés aux métiers de l’automobile, Autofocus, n° 55, octobre 2013, 5 p., en ligne sur le site de l’ANFA
Consulter le baromètre du Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) : Commerce et services de l’auto : la fin de la chute ?, n° 19, janvier 2014, 17 p., en ligne sur le site du CNPA
Lire la communication d’Eric Verdier : Conditions de travail et d’emploi dans les TPE : une approche en termes de modèles d’entreprise – à partir des cas de la réparation automobile et de l’hôtellerie-restauration, pp.4-7, in : Le travail dans les très petites entreprises (TPE/TPI) – Journée d’étude, 17 décembre 2013, 54 p., en ligne sur le site de la Chambre d’agriculture de Bretagne
 
Ét@pe est une publication de l'Institut Supérieur des Métiers, enregistrée sous le numéro ISSN 2105-0473
Directeur de publication Alexis Govciyan / Rédactrice en chef Catherine Elie / Chargée de rédaction Sophie Botha