Parution Juillet 2002 - 114 pages - (23
)
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Internet au delà de l'effet médiatique
2.1 Internet au-delà de l'effet médiatique
On fait remonter la généalogie d'Internet à 1969,
quand les autorités militaires américaines envisagèrent
une architecture de réseau d'ordinateurs en toile d'araignée
pour répondre à des problématiques de sécurité
informatique. En fait, le réseau Internet tel que nous le connaissons
aujourd'hui s'est développé sous l'impulsion de la recherche
internationale et s'est étendu au monde de l'entreprise et au grand
public entre 1995 et 1997.
Mais retracer l'historique d'Internet n'en donne pas forcément
les éléments essentiels. La première chose à
comprendre est qu'Internet est un réseau regroupant l'ensemble des
ordinateurs pouvant dialoguer entre eux et donc échanger des informations.
UN RÉSEAU DE RÉSEAUX S'APPUYANT SUR
UN LANGAGE COMMUN UNIVERSEL
L'idée de base était donc de se mettre d'accord sur des
protocoles de communication qui ne dépendent pas des machines qui
souhaitent communiquer ni de leurs systèmes d'exploitation. Ces
protocoles ne sont pas réglementés de manière formelle
(politique ou économique) et n'ont pas été développés
dans le but d'asseoir un monopole quelconque : ils ne définissent
qu'un langage commun pour le transport des informations sur le réseau,
pas les applications informatiques qui les utilisent.
Le consensus est donc apparu petit à petit. Aujourd'hui, ce
langage commun est représenté par un double protocole appelé
TCP-IP, qui définit entre autre un système d'adressage. Tout
ordinateur désirant se connecter à Internet doit donc disposer
d'une adresse dite IP qui prend la forme de 4 nombres séparés
par des points (exemple : 195.7.105.37).
VOTRE ACCÈS À INTERNET
Quand vous choisissez un fournisseur d'accès et un mode de connexion
(RTC, Numéris, ADSL), vous choisissez de vous connecter aux ordinateurs
de ce fournisseur pour accéder à Internet. En effet, le vrai
réseau Internet ne commence pas avec votre ordinateur mais avec
des ordinateurs spécialisés connectés en permanence
entre eux. Ces sommets du réseau, que l'on appelle serveurs, ne
font que 3 choses : faire passer une information à leurs voisins
dans le réseau, répondre à une requête qui leur
est adressée ou envoyer une nouvelle requête sur le réseau.
Les serveurs permettent aussi à votre ordinateur de disposer d'une
adresse IP pour le temps de la connexion.
Le service qui vous est facturé est donc celui de la communication
jusqu'aux serveurs de votre fournisseur d'accès. Ceci vous explique
pourquoi le prix d'une connexion RTC (pour Réseau Téléphonique
Commuté) est la plupart du temps celui d'un appel local : votre
fournisseur d'accès dispose d'un serveur près de chez vous,
qui se charge de relayer vos communications au réseau. Votre abonnement
Internet constitue donc en fait un droit d'accès à ce réseau.
La communication avec un serveur distant que l'on connaît se
fait alors en indiquant son adresse IP, comme pour un numéro de
téléphone. Mais pour un utilisateur, ce genre de numéro
n'est pas du tout parlant. Pour remédier à cela, on a introduit
la notion de nom de domaine et d'URL (Uniform Ressource Locator). Pour
simplifier, on les appelle parfois adresse Internet.
UN ADRESSAGE UNIVERSEL : L'URL
La correspondance entre URL et adresse IP est interne au système
: pour rentrer en correspondance avec un serveur, il suffit à l'utilisateur
d'indiquer l'URL à rechercher. L'URL peut englober l'adresse d'un
ordinateur du réseau et celle d'un document sur cet ordinateur.
En effet, la navigation Internet va consister à consulter un document
quelque part sur le réseau, et ce document se trouve au bout d'une
suite de dossiers sur un ordinateur distant.
Dans l'exemple ci-dessous, le fichier "document.html" est situé
dans le répertoire nommé "dossier" du serveur dont le nom
de domaine est "ma-societe.fr".
Construction d'adresses électroniques (messagerie) et d'URL (sites)
à partir du nom de domaine
Le nom de domaine est composé d’un nom (ma-société)
et d’un domaine (.fr) choisis par son propriétaire qui doivent,
comme une marque déposée, être souscrits auprès
d'autorités compétentes (INTERNIC au niveau international,
AFNIC pour la France). Le domaine est une extension de classification qui
peut être d'ordre géographique (.fr pour la France, .uk pour
le Royaume Uni) ou sectoriel (.com pour une activité commerciale,
.net si elle est liée à Internet), mais n'est soumise à
aucune réglementation internationale.
La propriété d'un nom de domaine s'achète et se
revend sur la règle du "premier arrivé, premier servi". Plusieurs
entreprises vous proposent d'effectuer les démarches de réservation
à votre place (cf. § 4.5.2). Souvent couplées avec des
services de type annuaire inversé appelés Who is (pour "qui
est-ce"), qui indiquent le possesseur d'un nom de domaine recherché,
ces entreprises vous permettent de savoir si le nom que vous souhaitez
réserver est libre ou non (des services Who is sont d'ailleurs intégrés
sur les sites de l'AFNIC www.nic.fr et l'INTERNIC www.internic.net).
Enfin, il faut savoir qu'en France, il existe une charte de nommage
gérée par l’AFNIC que doivent respecter toutes les entreprises
souhaitant se voir attribuer un .fr. Elle définit également
les conditions d'attribution de domaines secondaires, subdivisions du .fr.
Ainsi, .gouv.fr désigne les sites gouvernementaux, .asso.fr les
associations loi 1901, .tm.fr les marques déposées…
QUI PILOTE INTERNET ?
En tant que réseau de communications, Internet n'appartient à
personne en propre. Du moins en théorie. En pratique, seules quelques
entreprises ont les moyens et la technologie nécessaire pour installer
les "tuyaux" de communication ou gérer l'acheminement de l'information.
Et les personnes capables de concevoir ou d'améliorer un protocole
de communication ou un langage de création de pages web sont
peu nombreuses : quelques particuliers, des équipes de chercheurs
et quelques entreprises d'ingénierie en informatique.
Le pouvoir dont elles disposent peut prendre plusieurs formes. Par
exemple, 7 grandes entreprises (Worldcom, Sprint, AT&T, France Télécom…)
détiennent la quasi-totalité des câbles et des satellites
gérant le réseau. Puis, on peut citer les opérateurs
téléphoniques et les fournisseurs d'accès, qui disposent
eux aussi d'un certain pouvoir.
Au niveau des normes, Internet est basé sur des consensus et
des standards qui sont déterminés par divers comités
internationaux à la compétence reconnue (qui sont composés
des acteurs cités ci-dessus). Les trois plus importants sont l'Internet
Society, qui fixe les normes techniques, l'Internet Engineering Task Force
qui travaille à l'amélioration des protocoles de communication
et le W3C qui s'occupe des standards des interfaces web.
On peut citer aussi des entités quasi législatives, comme
celles qui définissent les noms de domaines (cf. § 4.5.2).
Malgré des limites dues au caractère international d'Internet,
en France et en Europe les pouvoirs publics affichent une volonté
de réglementer Internet dans l'intérêt général.
Ainsi, en France, la CNIL (Commission Nationale pour l'Informatique et
les Libertés), cherche à protéger la vie privée
(cf. § 5.3.2.6) et l'ART (Autorité de Régulation des
Télécommunications), veille à l'ouverture du marché
des télécommunications à la libre concurrence.